Description de l'œuvre

Le vingt-troisième livre du Lanaudois Donald Alarie paraît aux Écrits des Forges. L’auteur nous présente cette fois un nouveau recueil de soixante-cinq poèmes intitulé À domicile. Il nous y fait visiter les pièces d'une maison plus ou moins inventée.

D'abord le bureau, lieu de l'écriture, écrin de l’intimité créatrice, d’où voyager sans bouger : «retouchées / les expressions les plus sédentaires / permettent parfois / des voyages inédits». La musique et l’observation y nourrissent l’auteur, pour donner naissance au texte : « en enfilade / les lettres s’affichent / de nouveau / dans l’espoir d’un poème ».

Ensuite, le narrateur nous invite à passer au salon, qui offre ses possibles usages : attente d’une visite, solidarité et chaleur du partage où des invités fraternisent près du foyer pendant que «les manteaux / les foulards / les chapeaux / somnolent en groupe / dans le placard», retour de la solitude, présence-absence du petit écran.

Dans la cuisine, «les détails du quotidien / ne cessent de nous surprendre», le ronron d’un électroménager, les rôties qui surgissent du grille-pain, l’hiver par la fenêtre...

La nuit, lieu de tous les rêves, est évoquée par l’image de la chambre. Sur tout cela, l’hiver déroule sa chape blanche : février domine. L'hiver ne laisse personne intact, mais heureusement «le soleil viendra peut-être / sauver le monde / avant qu'il soit / complètement perdu». Il suffit de continuer à avancer, non pas de manière héroïque, mais plutôt avec humilité, sur la pointe des mots qui nous sont offerts comme des bouées de sauvetage.

C’est «Sur le seuil» que se termine ce périple intérieur : «je me tiens près / de la vie du dehors / où l’intimité / risque de se perdre / je referme la porte / juste à temps».
Une poésie de l’intimité, une poésie du quotidien.