Description de l'œuvre

Inde Mémoire, le deuxième recueil de Virginie Francoeur, prolonge le travail poétique déjà entrepris : lier la connaissance du monde à une quête personnelle vibrante, ouverte à la découverte de l’autre et curieuse des forces vitales qui animent l’être humain :

 

ce luminaire de nuit déchirée 

verra naître sa fin

                            ontologique

entre les pages du calendrier

                                 sans jour

 

entrez entrez

          le show va commencer

 

Comment accueillir ces images qui débordent du réel sans se sentir interpelé? La narratrice, en proposant un éventail de personnages ou de paysages loin des panoramas de carte postale, donne un point de vue singulier sur ce qui l’entoure : la pauvreté, le mal-être qui s’ensuit, les excès qu’elle engendre et, surtout, les questionnements qui en surgissent nécessairement :

 

dans le samsāra universel

ta langue est vivante ici

le poème la sauvegarde

dans un  génocide

made in China

 

Le voyage est ici revu sous l’angle du dépaysement intérieur qu’il suscite, d’abord et avant tout pour la narratrice, mais aussi pour le lecteur :

 

et avant demain

les dieux naîtront

en adage sacrilège

 

je serai sans nom

 

Donner du sens devient, comme Virginie Francoeur le laisse entendre, une question urgente à régler.