Description de l'œuvre

Nora Atalla écrit une poésie qui se présente comme une espèce de mémoire du monde : contrastant les côtés sombres et lumineux de l’histoire humaine, son œuvre met en scène la cruauté des tyrans et la force de la résistance des victimes, femmes et hommes qui dans ses poèmes comptent sur l’amour comme source de ténacité et d’espoir, et comme antidote devant l’adversité de leurs destins.

 

Native du Caire, d’origine gréco-libanaise et franco-géorgienne, Nora Atalla vit au Québec depuis l’enfance. Elle a été finaliste en poésie du prix Alain-Grandbois pour Hommes de sable, du Grand Prix international de Roumanie et des Prix littéraires de Radio-Canada. À plusieurs occasions, elle a représenté le Canada et le Québec au Mali, au Sénégal, en Égypte, en Roumanie, au Cameroun et au Maroc. Elle a participé à plusieurs festivals internationaux de poésie, notamment à Trois-Rivières, Cotonou, Douala, Yaoundé, Curtea de Argeş, Safi et Salé-Rabat. Elle a été vice-présidente du Festival international de Poésie des Sept Collines de Yaoundé (2011-2013).

 

Bagnards sans visage plonge au cœur de la douleur des damnés de la Terre, ces condamnés aux travaux forcés qui ont traversé l’océan de la France jusqu’en Guyane. En quatre portraits présentés comme autant de moments forts d’une vie de rage, de désespoir et d’humiliation, le recueil est un vibrant hommage à la volonté de vivre de ceux qui ont subi la transportation :

 

des tessons à trancher les veines les trachées

les élans à saigner l’amour

 

les détenus entament la procession des couleuvres

l’avancée des cadavres

 

 

que fera-t-on de leurs restes

dans quelles contrées iront se perdre leurs ombres

 

que le fracas de leurs fers

le grincement de leurs dents