Description de l'œuvre

Derry O’Sullivan. Poète irlandais, il vit à Paris depuis de nombreuses années où il enseigne l’anglais. Il a participé à de nombreuses lectures de poésie lors de festivals et de rencontres et collaboré à des revues comme Europe, La traductière et Estuaire (no 91). De ses poésies ont été publiées dans des anthologies en Irlande, USA, Japon, France et Grande-Bretagne. Il a écrit les premiers sonnets en langue gaélique. En 1983, il publie The King’s English, ce titre révélant le goût de l’auteur pour les glissements sonores, les jeux sémantiques et l’ouverture au passage des langues et des cultures. En mal de fleurs, publié dans cette livraison de la revue Lèvres urbaines, est la première suite poétique que Derry O’Sullivan a écrite directement en langue française.

 


Jean-Marc Desgent. Poète québécois né à Montréal en 1951, il habite Longueuil et enseigne la littérature au Collège Édouard-Montpetit. Il a publié de nombreux textes dans diverses revues québécoises, belges, françaises et mexicaines. Il a fait paraître, depuis le début des années ’80, une dizaine de titres, dont On croit trop que rien ne meurt et Ce que je suis devant personne (Grand prix du Festival International de la Poésie de Trois-Rivières en 1994), tous deux édités aux Écrits des Forges. En 1995, Les Éditions Les Herbes rouges publiaient une rétrospective de son travail : Transfigurations (1981-1989). Chez le même éditeur, paraissait récemment, Les paysages de l’extase. Jean-Marc Desgent est considéré comme une voix les plus vivantes de la poésie québécoise moderne.

 


AU « KING »

« Si la matière première -
Qui au fil des heures me grise
Ou m’inspire le long d’une haleine
Gorgée que respire d’ivresse la voix -
Cesse d’emprunter ces méandres
imprévus et morphogènes
Se créant un album d’états civils
Classés par acquit,
Je ne me ferai plus de bile.

Je m’enivre des images
Devant une table où la matière
Fait le mur comme énervée
Par mes ombres toutes
Schlass. »

Derry O’Sullivan
 


LES PÂQUES

« La plus glorieuse matière,
travailleuse de la dernière neige,
nous offre, les mains bien ouvertes,
les objets qui manquent de tout.

Le monde roule dans la grande faille :
cette rupture sèche de nos têtes !
La lumière s’envole
dans la lumière du dimanche.
Quand une silhouette humaine s’avance,
on ne reconnaît plus rien. »

Jean-Marc Desgent