Description de l'œuvre

Encore une anthologie de poètes romantiques ! Les poésies de Lamartine, de Hugo et de Vigny ne sont-elles pas suffisamment célébrées ? L’objectif ici visé, et l’intérêt certain des choix thématiques de Louise Frappier et Christine Tellier, est plutôt de faire valoir des récurrences, de souligner comment dans l’écriture des poètes romantiques des constantes thématiques sont mises en texte, comment la poésie est un jeu de la pensée et des mots.

 


En ajoutant les noms de Marceline Desbordes-Valmore et de Louis Fréchette, les anthologistes ouvrent l’espace poétique créé par les romantiques les plus reconnus au jeu des référents québécois (Caugnawaga, Les pins de Nicolet, Chant de la Huronne de Louis Fréchette) et de la voix féminine. Ainsi surgissent, dans les quatre registres thématiques retenus (Le Moi, ses états d’âme et ses visions; Nature, Femme et Amour; Vestiges du passé: mort, ruines et regrets; Aspiration vers un idéal : rêve, exotisme et évasion), des éclats et des miroitements, des confluences et des tourbillons où la poésie sait d’un sourire, d’un mot, d’un soupir, d’un regard / faire un travail exquis, plein de crainte et de charme (A. de Musset).

 

Les roses de Saadi

« J’ai voulu ce matin te rapporter des roses ;
Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les nœuds trop serrés n’ont pu les contenir.

Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s’en sont toutes allées.
Elles ont suivi l’eau pour ne plus revenir.

La vague en a paru rouge et comme enflammée.
Ce soir, ma robe encore en est toute embaumée…
Respires-en sur moi l’odorant souvenir. »


Marceline Desbordes-Valmore