Description de l'œuvre

de

Sylvestre Clancier
Jean-Philippe Raîche

La poésie serait cet état d’apesanteur dans lequel tous les possibles apparaissent et se dispersent, livrant les mots à la pleine nature de leur essence. Il n’y a que la poésie pour traverser l’être, corps et âme, sans tricher, sans arrêt, sans non plus donner trop d’apaisement aux sensations comme aux intellections. Fragile, le poème, corps de la poésie, est aussi habité par l’âme ailée des sons et des « vertiges ». « Alchimique » passion d’une manière de saisir que la vie, que la douleur, que les joies ne sont que des passages aux aspirations vibrantes. Ce que dit le poème, c’est que tendre et tendue, la forme contient l’absolue question de la présence à toutes les dimensions de la réalité physique comme psychique.

Ces réflexions me viennent à la lecture attentive des deux suites poétiques présentées dans cette livraison du numéro 35 de Lèvres urbaines : L’Âme alchimiste de Sylvestre Clancier et Latitude des corps de Jean-Philippe Raîche. Croisements complémentaires, ces deux suites sont à l’image de la quête poétique entièrement issue d’une nécessité prenant les mots à témoins, les silences en gage.

« Et le vent en rafales
comme des pas
des valises
un manteau qui encombre
une fois arrivé. »


Jean-Philippe Raîche